07.06.2007

Honfleur...for ever..

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Pas besoin de se déplacer à l’autre bout du monde
pour goûter la magie d’un endroit…vous pouvez la débusquer à votre porte , au coin de la rue , derrière un porche que vous n’avez jamais songé à franchir..…

Nous avons la chance d’habiter un pays béni des Dieux qui regorge de merveilles…
c’est d’ailleurs plus qu’une chance , un immense privilège…je suis en droit de l’affirmer après avoir promené mes objectifs dans les coins les plus reculés , connus…inconnus…ou ignorés de notre belle planète….

A deux heures de route de chez moi , il en est une fabuleuse….
j’aurais pu m’en dispenser d’en parler pour rester l’un des rares à en profiter…mais c’est beaucoup trop tard , beaucoup d’autres l’ont fait avant moi…. c’est pourquoi je peux vous le dévoiler sans regrets ni remords…

Honfleur…
…..un cadeau royal….deux jours entiers à regarder jouer la lumière sur la beauté de ce joyau…à en respirer l’ambiance autrement qu’en coup de vent….à en déguster et savourer chaque seconde…deux jours qui vont ensoleiller un peu plus les suivants…
qui me permettent à mon tour……pour quelques instants….…

de vous offrir mon regard…

10.05.2007

Sitar...

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1974

Moiteur de ma dernière journée Indienne..

Touffeur d’une fin d’après midi de septembre dans la cacophonie grouillante et bariolée de New Delhi….

A traîner dans la poussière mouvante de Connaught Place , le rendez-vous de tous les paumés venus d’ailleurs en quête d’exotisme ou d’un hypothétique nirvana…lieu de rencontre des routards du monde entier , c’est là que tout commence…..c’est là que tout se termine….j’erre le nez au vent pour m’imprégner une dernière fois et pour toujours d’une ambiance qui ne sera bientôt plus qu’un souvenir..

Au hasard de ma déambulation mes pas me conduisent sous le semblant de fraîcheur des arcades d’une avenue voisine….je tombe en arrêt devant la vitrine d’une boutique au charme victorien……RIKHI RAM en onciales jaunes peintes au-dessus de la porte…..derrière la vitre au milieu d’un fouillis d’instruments de musiques locaux , une grande photo des Beatles en compagnie de Ravi Shankar…je comprend qu’elle a été prise en ce même endroit….et que ce magasin eut le grand privilège de superviser leur période Indienne..…

Je pousse la porte…et pénètre la pénombre feutrée en contraste total avec l’aveuglant raffut du dehors….au fur et à mesure que mes yeux s’habituent à la semi obscurité je distingue graduellement sous d’autres agrandissements de George Harrison et John Lennon des rangées de Sitars magnifiques…immenses…délicatement ciselés , marquetés de dentelle nacrée…du grand art……il m’en faut un…je ne pense pas un instant au problème de voyager avec un pareil objet…je ne résiste pas à l’impulsion…..je caresse le bois verni…je passe les doigts sur les cordes pour sentir les vibrations…je me laisse séduire par celui qui me semble le plus beau…je l’imagine trônant dans mon living parisien...tout à ma fascination je n’ai pas pris conscience immédiatement d’une présence silencieuse auprès de moi…..un indien que je pense vendeur en costume de soie vive me prend doucement des mains l’objet de mon émerveillement….il en tire du bout des ongles un son étrange et envoûtant….le remet en place….reprend le manège avec un second…puis un troisième…un quatrième qu’il fait résonner tout contre son oreille…il pose sur moi son regard ténébreux….

- Prenez celui-ci , Monsieur , c’est le meilleur –

Subjugué , je me range à son choix sans discuter…..
il m’accompagne auprès du maître des lieux qui le glisse dans une housse de toile bariolée…..tandis que je paie mon acquisition il me tend un rectangle cartonné en me disant…..

- Si vous aimez la musique de mon pays…il ne faut pas rater le concert de ce soir.. »

Je jette un rapide coup d’œil sur l’invitation , le remercie , la glisse dans ma poche et tandis qu’il me tient la porte ouverte , me replonge ans la fournaise , mon imposant paquet dans les bras….

Il fait nuit…je termine mon dernier tandoori sur le sol Indien…..demain à cette même heure je volerai vers Paris…..je plonge une main dans la poche de ma chemise pour régler l’addition…je sors le carton du vendeur de sitar avec mon portefeuille…..
Je ne comprend rien de ce qui est inscrit….je le montre au patron du restaurant qui à force sourires et courbettes m’indique le chemin à suivre pour me rendre au concert…ce n’est pas très loin…. ;

Quelques minutes de marche et je débouche sur une place devant la façade illuminée de ce qui ressemble à un théâtre… ;une foule blanche très nombreuse se presse sur les marches qui conduisent à l’entrée….une énorme affiche au-dessus…..je reconnais sur l’image mon vendeur qui me sourit…….

»Grande soirée exceptionnelle…ce soir pour une unique représentation…la star internationale du Raga….
...PRAMOD KUMAR….

20.11.2006

Impressions marocaines..

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Hier à cette même heure , c’était déjà l’hiver..

Le ciel est gris ardoise…la pluie ruisselle sur les vitres et crépite sur les tuiles…
La lampe nimbe d’orange le foutoir du bureau , repoussant comme elle peut l’obscurité et les idées sombres…

Je pense au Maroc……je m’interroge sur ce qui subsiste de mes impressions de l’endroit…j’essaie de me remémorer l’été 78…la R16 de location et les kilomètres avalés….curieusement il ne m’en reste pas grand-chose…j’ai regardé mes photos de l’époque comme si elles avaient été de quelqu’un d’autre….un beau livre d’image….premières vacances de tourisme « classique »…après des années de découvertes épicées aux antipodes….le dépaysement n’était pas au rendez-vous…j’étais probablement devenu trop difficile…il nous fallait sans cesse sortir des sentiers battus pour traquer l’émotion.....échapper à l’artificiel d’une ambiance entièrement conçue pour attirer une clientèle en mal d’exotisme….ça sonnait faux….l’impression d’évoluer parmi des acteurs recrutés pour prendre la pose…aussi vrais que les peintres de la place du Tertre....mitraillés toute la journée par des milliers d’objectifs….….une seule idée……tailler la route……fuir pour échapper aux concentrations hôtelières...aux grappes de gosses quémandeurs...aux palaces pour troisième âge….suivre la côte et descendre le plus loin possible vers le sud…se rendre compte que l’été est pourri cette année là en bord de mer……des paysages de novembres bretons aux portes du désert………à défaut de bons souvenirs , ça peut toujours faire de bonnes photos…..non…ce ne fut pas mon voyage préféré….peut-être devrais-je y retourner pour le refaire sous un autre angle…...avec moins d’exigences….ceci dit….j’en ai quand même ramené de bien belles images…

27.09.2006

Amazone..

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Quand l’Amazone prend les couleurs de la nuit ,

ne subsiste du vacarme diurne que la vibration des insectes

aux rares points de lumière…

L’univers émeraude se dissous dans l’ombre

et le miroir liquide scintille des derniers feux du couchant..

Alors on savoure l’instant….

l’ineffable plaisir d’avoir changé de monde.



Amazonie 1973

19.09.2006

La petite fille de Lanié..

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Février 82

Un village perdu dans la région d'Anié pas loin du fleuve Mono au Togo , j'essaie en vain d'échapper à la curiosité amusée et bon enfant des habitants du lieu , une ribambelle de gosses me collent comme des mouches en quête d'un peu de monnaie ou d'un petit cadeau , difficile de faire une bonne photo , il me faudrait être moins voyant , plus discret , en désespoir de cause je décide de m'éloigner à la recherche d'un sujet intéressant en dehors des habitations , je laisse derrière moi les dernières huttes de branchages et m'engage sur la piste en latérite à l'abri des grands arbres , les petits mendiants se sont lassés , maintenant je suis seul ne quittant pas l'ombre pour me protéger des rayons du soleil , terribles en ce milieu de journée .

Tout en cheminant perdu dans mes pensées , je vois venir vers moi une jolie petite fille enveloppée d'un boubou multicolore , toute luisante de sueur elle porte sur sa hanche droite un bébé agrippé à l'étoffe .

Je pose un genou à terre pour être à sa hauteur et règle le viseur de mon appareil , la petite s'immobilise et me dévisage la mine grave et interrogative , je lui fait mon plus beau sourire en levant le Nikon pour lui faire comprendre que je ne lui veut pas de mal , simplement la prendre en photo , elle ne dit rien , me fixe avec le sérieux d'une adulte et ne bouge plus .

J'appuie trois ou quatre fois sur le déclencheur et me relève , je la vois alors poser le bambin par terre et se précipiter vers moi , j'ai instinctivement un mouvement de recul devant l'inattendu de sa réaction , elle se laisse tomber à mes pieds , se saisi d'un coin de sa robe , crache dessus et entreprend de me nettoyer énergiquement de la terre rouge collée à mon genou , ceci fait elle se redresse , ramasse le petit , le replace à califourchon sur son flanc et passe devant moi sans un mot sans un regard .



Photo National Géographic ( Les miennes sont en diapositives , je n'ai pas la machine permettant de les convertir en images numériques ni trouvé le temps d'en faire des tirages que je pourrais scanner..)

22.06.2006

Magie...

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Magie des blogs…qui permettent le meilleur comme le pire…heureuse rencontre avec une technologie qui me faisait si peur il n’y a pas si longtemps…rendez-vous quotidien qui me sort de moi-même , douce violence qui m’oblige à partir dans les méandres de mon inconscient à la recherche d’un passé que je redécouvre avec vous , morceaux d’hier quasi oubliés qui reprennent formes et vies à mesure que mes doigts caressent le clavier…plongée en douce nostalgie dans des archives photos abandonnées depuis des lustres , jouissance inavouée qui me permet de les redécouvrir , les embellir d’un bain de logiciel ….reprendre le chemin à l’envers , ce que je n’aurais jamais cru possible , ….comme une veillée au coin de l’âtre de jadis qui deviendrait contemporaine et universelle…

…C’était en 1976….c’était Bornéo…un village perdu dans la jungle du Sarawak…à m’emplir les yeux et l’âme d’images et de sensations ….C’est aujourd’hui , un jour de juin 2006 …comme si le temps était aboli..

26.05.2006

Intemporel..

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Il est des nuits où le sommeil tarde à venir dans la touffeur obsédante de l’été qui s’annonce…des nuits où des torpeurs ignorées vous mènent aux frontières embrumées d’une improbable réalité.

Derrière les paupières closes les couleurs et les formes s’entrecroisent en ballet , comme dans le kaléidoscope de notre enfance les images se font et se défont , se forment et se déforment , partent pour revenir transformées…images fugitives que l’on voudrait saisir et retenir , enfantées d’un vécu ou de l’imaginaire…c’est l’heure des vies antérieures , des bonheurs ou malheurs passés , l’heure où l’on a les mots pour dire et le regard pour voir.. ; où l’on devient spectateur de fantasmagories qui n’appartiennent à personne d’autre et que certains poursuivent sans cesse au travers de paradis artificiels….l’heure où la réalité la plus banale se pare de la beauté de l’intemporalité…entre conscience et inconscience on s’envole au firmament ou l’on se laisse sombrer au plus profond des abysses…à la poursuite de soi-même.



Photo Yémen 1975

12.05.2006

Bombay..

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Août 74





Il est quatre heure du matin , épuisé par l'interminable vol charter je suis écroulé sur une banquette poisseuse , la tête sur mon sac à dos , avec quelques autres routards à attendre le lever du jour pour quitter l'aéroport endormi . A travers la vitre sale , je regarde les avions immobiles sur le tarmac , couverts de grands oiseaux lugubres serrés les uns contre les autres en funèbres guirlandes , quelqu'un m'explique que ce sont des vautours , certains habitants du voisinage ont pour coutume de déposer leurs morts sur le toit des maisons afin de servir de nourriture aux charmants volatiles qui viennent digérer leur festin sur les ailes des longs courriers , incrédule je me retourne pour vérifier si l'on n'essaie pas d'abuser de ma naïveté , mais non , l'individu a l'air sérieux de celui qui connaît son sujet , il ne plaisante sûrement pas , l'estomac retourné je pense qu'il dit vrai .

Quoi qu'il en soit je coupe court à son histoire et lui demande de ne pas approfondir , je me cale dans mon coin et me laisse aller à la somnolence dans la touffeur moite de ma première nuit indienne .

L'aube blafarde me tire de ma torpeur , je me lève péniblement , charge mon sac sur le dos et gagne la sortie . Il fait encore sombre , le bitume fatigué brille d'humidité , je me dirige vers un taxi antédiluvien , presque une épave , ma chemise et mon jean me collent à la peau , je ruisselle de sueur , le chauffeur affalé sur son volant sursaute à mon approche , jaillit de son véhicule et me noie sous un déluge verbal incompréhensible , je comprend néanmoins que je lui fais un grand honneur d'avoir choisi sa poubelle plutôt qu'une autre , qu'il était le meilleur du pays , que les dieux m'avaient fait un grand cadeau de le mettre sur ma route , avec force courbettes il me débarrasse de mon sac qu'il jette dans son coffre rouillé qu'il referme avec une ficelle , je n'ai pas d'a priori contre les palaces qu'il me propose mais je lui demande simplement de me conduire au centre de la ville préférant me faire ma propre idée sur mon futur lieu de villégiature .

Le ciel est bas et lourd d'énormes nuages noirs , la voiture avance lentement sur la route défoncée , zigzaguant entre ornières et flaques boueuses , se frayant à grands coups d'avertisseur un chemin au milieu d'une foule de zombies fantomatiques et silencieux , blanches silhouettes de cauchemar en mouvement dans la pénombre glauque et nébuleuse , interminable cortège chargé d'objets hétéroclites balayé furtivement par le pinceau des phares , visions fugitives qui me glacent le sang .

Après un long moment nous longeons maintenant de sombres bâtisses , de plus en plus nombreuses et rapprochées au fur et à mesure de notre progression , paysage dantesque d'après bombardement , j'ai l'impression d'évoluer dans un champs de ruines multicolores grouillant d'une vie moyenâgeuse , la cour des miracles , un gigantesque bidonville bâti de bric et de broc , des effluves nauséabondes m'emplissent les narines , la chaleur augmente de minute en minute , j'ai la désagréable impression que je vais tourner de l'œil mais je suis malgré tout fasciné par le spectacle ... je pense bizarrement aux magnifiques photos que je vais pouvoir tirer d'une aussi magnifique décrépitude .

Le nez collé à la vitre je ne me suis pas rendu compte que la voiture s'était immobilisée , le petit chauffeur m'ouvre la portière ,


- J'ai demandé le centre de la ville ! -

- -It's here Sahib !

- J'y étais .... éberlué je lui tend quelques roupies , charge mon sac sur le dos et me mêle aussitôt à la fourmilière humaine .

11.05.2006

Kilimandjaro..

Janvier 78

« Il n’ira pas beaucoup plus loin
La nuit viendra bientôt
Il voit là-bas dans le lointain
Les neiges du Kilimandjaro.. »

..Ce jour là Pascal Danel hurlait à la radio…

Kilimandjaro….un nom qui me fait rêver depuis toujours , comme Bornéo ou Titicaca…

C’est janvier…il fait gris…il fait froid , la pénombre glacée de l’hiver à peine réchauffée par ma lampe de bureau…les affaires marchent bien ,.je suis indépendant…personne à qui rendre des comptes…je tend la main vers le téléphone et appelle l’agence de voyage…..

Deux jours pour régler les détails de mon absence et différer mes rendez-vous…

Orly la nuit…l’avion en provenance de Londres sent la pomme de terre bouillie , les deux petites notes...ding. !.dong ! .attachez vos ceintures …les lumières qui défilent dans le hublot…le dos qui se colle au fauteuil…impression de basculer en douceur…le sifflement des réacteurs...sentiment de bien-être…déjà..

Athènes sous la neige , jamais je n’aurais imaginé cela possible…pour moi , Grèce rime avec soleil , été , vacances...pourtant tout est blanc ..les flocons volent dans la lueur des réverbère...escale irréelle , fantasmagorique…rêve éveillé…

Je regarde la gélatine émeraude trembler sur mon plateau repas., dessert anglais aux allures de pierre précieuse…si éloigné de l’idée que je me fais des douceurs de fin de dîner…mes paupières se font lourdes …je sombre dans un profond sommeil..


Nairobi…chaleur , la chaleur ..je suis sorti de l’hiver…passage par les toilettes de l’aéroport pour troquer mes laines et velours contre coton et toiles légères…puis immersion brutale dans le tourbillon bon enfant d’une capitale africaine …

Une demi journée passée à mettre au point le programme des dix jours à venir et je peux enfin , la première surprise d’avoir tout à l’envers et de conduire à gauche passée , prendre la piste en direction du parc Amboseli au volant d’une petite voiture japonaise…l

Des centaines de kilomètres de latérite plus tard , à bouffer de la poussière rouge , je franchis l’entrée du parc National pour arriver à la nuit tombée aux bungalows d’Amboseli Lodge..

Confort britannique…bois précieux et cuirs….j’ai l’impression de me retrouver dans un épisode d’Atari ou dans un roman d’Hemingway…repas guindé...vin de Bordeaux dans un décor exotique…je ne tarde pas trop à prendre le chemin de mon petit pavillon pour m’endormir rapidement sous la moustiquaire , bercé par les bruits de savane , épuisé par les derniers vingt-quatre heures…



J’ouvre un œil , le soleil entre à flots....des bruits bizarres…j’écarte un pan de la moustiquaire..des singes…des singes fouillent mon sac…je saute du lit.....panique , ça crie et bondit dans tous les sens , l’un d’eux s’enfuit avec ma pipe…il saute par la fenêtre...je me précipite à sa suite…et là…cloué sur place….la veille j’avais ouvert sur la nuit …maintenant , sans rien pour gêner le panorama ,dans toute sa splendeur je l’avais devant moi…

le Kilimandjaro..

25.04.2006

Taj Mahal..

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Le mur de la chambre se teintait de mauve ...le jour pointait à peine , le jeune Indien du rickshaw venait de frapper à ma porte...Cinq heure du matin ..pas tout à fait sorti du sommeil je m'affalai sur le skaï fatigué du siège passager pendant qu'il enfourchait sa machine et partait en danseuse...

Le Taj il faut le voir au lever du soleil....je longeai son reflet dans le bassin tandis qu'un voile rosé venait lécher le marbre encore bleuté de la nuit qui s'en va....la plus belle des merveilles du monde...je l'avais devant moi ..il flottait comme un parfum de jasmin , la chaleur était encore supportable et je m'emplissais les yeux sans penser à sortir mon Nikon...
J'avancais doucement vers lui ...je voyais les dentelles d'albâtre et les ciselures marmoréennes....je voyais sa couleur changer de minute en minute...je voyais la Beauté...un mausolée nimbé d'amour...comme un défi au malheur......
Des transparences irréelles noyaient la sépulture de vapeurs nacrées...

On dit que l'époux inconsolable passa le reste de sa vie dissimulé par un moucharabieh derrière une fenêtre de son palais tout proche à regarder jouer la lumière sur la splendeur qu'il avait voulu pour Mumtaz Mahal...celle qu'il avait aimée au-delà du pensable...

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